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Editos

Des critiques excessives pour Emery qui a besoin de temps

L’été dernier, Unai Emery a rejoint le PSG en remplaçant Laurent Blanc, auteur d’une dernière bonne saison sous les couleurs parisiennes. Des résultats qui n’ont pas aidé l’Espagnol, souvent critiqué à tord.

Un jeu moyen caché par Ibrahimovic

La saison passée, le PSG a tout raflé, la Ligue 1, les Coupes Nationales, et même le Trophée des Champions. Un parcours historique qui donne une grosse pression à Unai Emery. Mais si les résultats ont été là, c’était aussi, et même principalement, grâce à Zlatan Ibrahimovic, auteur de 51 buts toutes compétitions confondues. Régulièrement, le géant suédois a sauvé des matches, avec des actions individuelles et des buts dans les dernières minutes des matches médiocres. En Ligue 1, les résultats ont été bons, mais dès que le niveau, plus élevé en Ligue des Champions, pointait le bout de son nez, les choses devenaient bien plus compliquées. L’élimination de Chelsea reste d’ailleurs anecdotique, les Blues étant complètement à la ramasse lors de la double confrontation. Et si mathématiquement, il n’y a rien à dire, dans le jeu on a que très peu souvent vu un gros match des Parisiens. Ibrahimovic était l’arbre qui cachait la forêt, comme Cavani le fait actuellement, sauf que contrairement à la saison passée, les résultats sont moins bons, certainement suite aux nombreuses blessures et à un réel manque de réussite.

Laissons-le imposer son style

Un changement de style de jeu

A partir de là, les choses devaient changer pour que le PSG puisse enfin atteindre l’étape tant désirée des demi-finales de la Ligue des Champions. Nasser Al-Khelaïfi, le président parisien, a alors voulu parler de « nouveau cycle », avec l’arrivée d’un nouvel entraîneur et d’une gestion différente. Donc qui dit « nouvel entraîneur », dit très souvent « changement dans le style de jeu ». Le tacticien espagnol, qui a débarqué à Paris avec une énorme motivation, a dès le départ imposé ses règles. Terminé le 4-3-3 défensif, place au 4-2-3-1 avec une plus grosse animation offensive. Il lui fallait mettre en place une équipe sans Ibrahimovic, il a donc préféré opter sur le changement tactique avec un numéro 10, et deux ailiers très portés vers l’avant. Un dispositif tactique qui a plutôt très bien fonctionné avant toutes les blessures. Sans Pastore, avec un Ben Arfa juste physiquement et un Di Maria en dessous, difficile pour lui de garder ce système, et il est alors revenu sur le fameux 4-3-3, sous, selon plusieurs sources, la demande des joueurs.  Suite à cela, les choses sont devenues un peu plus compliquées, avec un jeu pas vraiment rodé, des blessures à répétition, celles de Rabiot, Verratti ou même Kurzawa, notamment. Il a du faire des choix et n’a pas hésité à mettre Ben Arfa et Jesé sur le banc, sans peur de la critique qui a d’ailleurs été bien trop excessive, Hatem étant attachant, mais loin d’être Messi.

Un temps d’adaptation nécessaire

Quand tu commences un travail, dans n’importe quel secteur, il faut un temps d’adaptation, il est très rare d’être efficace dès les premières semaines, et au football, c’est pareil. Mais contrairement à nous, la pression est tout autre, et vue par tout le monde, notamment la presse. Il faudra certainement encore un peu de temps pour que l’Espagnol puisse mettre en place toutes ses idées, et le mercato hivernal qui arrive, l’aidera à le faire car contrairement à l’été dernier, il va pouvoir faire ses choix. Dans les mois à venir il devrait trouver petit à petit ses marques, et c’est là que les choses pourraient devenir un peu plus faciles. Mais au PSG, tout va vite, on est jugé dès les premières prestations, critiqué dès une toute petite victoire, et lynché après une défaite.

Emery a le malheur d’être un étranger

Une presse française bien trop critique

Une situation qui arrange la presse qui se régale, comme toujours. Tels des vautours, ils attendent avec impatience les erreurs d’un nouveau coach, surtout quand celui-ci est étranger. Et dès les premiers matches, Emery a été la cible de nombreux « spécialistes » estimant que l’Espagnol n’avait pas le niveau pour le PSG. Pourtant, le coach parisien a en poche trois Europa League en poche remportées avec le FC Séville. Laurent Blanc, qui, lui, arrivait juste avec un titre de Champion de France obtenu avec Bordeaux après une saison plutôt bizarre (vous savez, là où Gourcuff était comparé à Zidane..), était vu comme l’homme capable de faire franchir une étape au club. Le Français est trop Français, et voit souvent que son nombril, le reste est systématiquement moins bon, mais si le niveau de la L1 est plutôt faible, ce n’est pas forcement de la faute des étrangers.

Soutenons-le, pour l’instant

Si pour le moment les résultats ne sont pas franchement excellents, il faut garder notre place de supporter et soutenir notre coach, c’est justement dans ces périodes là qu’il a besoin de nous. Il est là depuis seulement quelques mois, et il va falloir rester patient pour voir vraiment son impact dans le collectif. Evidemment, si d’ici quelques mois les choses n’avancent toujours pas, il faudra se poser les bonnes questions, mais laissons-le terminer tranquillement cette saison, réaliser son mercato estival. Ceux qui veulent sa démission, qui le défoncent à chaque rencontre, évitez de montrer publiquement que vous êtes pour le PSG, cela pourrait mettre en péril votre crédibilité. Du coté des dirigeants, cette crédibilité est encore présente, et contrairement à ce qu’on peut voir par ci par là, le club ne cherche en aucun cas un nouvel entraîneur. Nasser l’estime beaucoup et croit en lui, il sait qu’il faudra du temps pour mettre en place son « nouveau cycle » et qu’il va même falloir laisser passer certains objectifs cette saison. Le président qui est d’ailleurs loin d’être irresponsable de cette situation, avec une gestion qui laisse beaucoup d’interrogations. J’y reviendrai.

Pour terminer, le bilan de la mi saison est loin d’être catastrophique, le PSG reste encore dans la course au titre, qualifié pour toutes les coupes nationales et présent en Ligue des Champions. Nos chances sont plutôt minces face à Barcelone, mais le mercato hivernal devrait nous permettre de nous renforcer, et si Emery arrive à faire passer Paris, alors il pourrait vite devenir l’homme de la situation. Espérons-le.

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Des critiques excessives pour Emery qui a besoin de temps

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